Un an aprùs l’invasion de l’Ukraine. Un bilan.

Date of first publication
24/02/2023
Author

Memorial International

Il y a un an commençait l’invasion massive de l’Ukraine par les troupes russes. La « guerre hybride » qui durait depuis huit ans s’est transformĂ©e en une vĂ©ritable guerre d’agression. L’Europe n’avait pas connu de telle guerre depuis 1939.

Ni la communautĂ© internationale, ni la sociĂ©tĂ© civile russe n’ont pu empĂȘcher cette invasion.

En un an, des dizaines de milliers de personnes ont Ă©tĂ© tuĂ©es, des centaines de milliers d’autres ont Ă©tĂ© blessĂ©es et ont souffert. Des villes et des villages ont Ă©tĂ© dĂ©truits, des millions de personnes ont pris les routes de l’exil. Des centaines de milliers de familles ont Ă©tĂ© sĂ©parĂ©es, des dizaines de milliers d’enfants ukrainiens emmenĂ©s en Russie. Des enlĂšvements, des tortures et des meurtres ont Ă©tĂ© perpĂ©trĂ©s dans les territoires occupĂ©s.

On ne sait pas quels autres sacrifices devra faire l’Ukraine, oĂč il n’y a probablement personne qui ne soit victime de cette guerre. C’est le prix monstrueux que l’Ukraine doit payer pour sa libertĂ© et son indĂ©pendance, pour le droit d’ĂȘtre elle-mĂȘme.

Mais l’Ukraine a tenu, voilĂ  la principale leçon de cette annĂ©e. La guerre Ă©clair qu’espĂ©rait Poutine a Ă©chouĂ©. Les citoyens ukrainiens de toutes nationalitĂ©s et religions dĂ©fendent courageusement leur patrie.

Tout aussi important, le monde a vu qu’il existe des valeurs plus importantes que le pĂ©trole et le gaz. La communautĂ© internationale a fait preuve d’une unitĂ© sans prĂ©cĂ©dent dans sa volontĂ© d’aider l’Ukraine Ă  vaincre et Ă  punir l’agresseur. Nous pensons que cette solidaritĂ©, active aux niveaux national, international et des populations elles-mĂȘmes mettra fin Ă  cette guerre et conduira Ă  la crĂ©ation d’un tribunal international, qui donnera une Ă©valuation juridique de l’agression et des crimes commis.

Autre bilan de l’annĂ©e Ă©coulĂ©e, la guerre a amenĂ© la Russie au bord de la catastrophe. Son avenir en tant que pays moderne engagĂ© dans une dynamique de dĂ©veloppement est remis en question. Le nom mĂȘme de la Russie, qui suscitait souvent espoir et  sympathie depuis le dĂ©but de la perestroĂŻka, est dĂ©sormais source de rejet. Les politiques de Poutine ont ravivĂ© la peur d’une catastrophe nuclĂ©aire globale, alors qu’elle semblait oubliĂ©e depuis trente ans. La Russie, en tant que pays, est de plus en plus confondue avec le rĂ©gime de Poutine, ses Ă©lections truquĂ©es, la nĂ©gation des droits de l’homme et la destruction des libertĂ©s fondamentales. La rĂ©pression des dissidents est aussi brutale et ample qu’à la fin de l’ùre soviĂ©tique. Les opposants Ă  la guerre – ils seraient au moins vingt pour cent selon les statistiques officielles – ne sont pas reprĂ©sentĂ©s au parlement et n’ont pas accĂšs aux mĂ©dias. Mais leur existence seule donne l’espoir d’un avenir pour la Russie.

Aujourd’hui, les mots d’Andrei Sakharov : « Le choix moral s’avĂšre finalement ĂȘtre le plus pragmatique. » rĂ©sonnent tout particuliĂšrement.

Le Conseil d’Administration de Memorial International. (Mis en liquidation par les autoritĂ©s russes en 2022).

https://memorial-france.org/un-an-apres-linvasion-de-lukraine-un-bilan/

Un an aprùs l’invasion de l’Ukraine. Un bilan.