« Nous ne perdons pas espoir ». Les parents du militant des droits de l’homme Butkevich Ă  propos de la « peine » dans la « LPR ».

Date of first publication
10/03/2023
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BBC News

Maksym Butkevych, soldat ukrainien, militant des droits de l’homme et ancien journaliste de la BBC, a Ă©tĂ© condamnĂ© Ă  13 ans de prison par un « tribunal de la LPR ».

Au cours de l’étĂ© 2022, Maksym Butkevych, qui a combattu dans l’est de l’Ukraine au sein des forces armĂ©es ukrainiennes, a Ă©tĂ© fait prisonnier par la Russie.

Les parents de Maksym sont choquĂ©s par la nouvelle du soi-disant tribunal de la « LPR », mais ils ne perdent pas l’espoir que leur fils rentrera chez lui.

« Nous espérons, nous croyons, nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour le ramener », a déclaré Oleksandr Butkevych à la BBC.

Maksym Butkevych, qui a aidĂ© des centaines de migrants en Ukraine et dĂ©fend les droits de l’homme depuis des dĂ©cennies, est prĂ©sentĂ© par les mĂ©dias russes comme un « fasciste convaincu » et « le principal Ă©branleur de rĂ©gimes » au Kazakhstan et au Belarus.

La propagande russe a qualifiĂ© Maksym d’« espion britannique » simplement parce qu’il a travaillĂ© pour la BBC.

« ProcÚs » dans la « LPR »

La nouvelle du procĂšs du militant ukrainien des droits de l’homme a Ă©tĂ© publiĂ©e par le ComitĂ© d’enquĂȘte de Russie. Ils ont dĂ©clarĂ© que Maksim a Ă©tĂ© « condamné » pour crimes de guerre.

La dĂ©cision du « tribunal » indique que Butkevich a Ă©tĂ© reconnu coupable de traitement cruel de civils, d’utilisation de mĂ©thodes interdites lors d’un conflit armĂ© et de tentative de meurtre sur deux personnes ou plus.

Le comitĂ© d’enquĂȘte a dĂ©clarĂ© que Maksim Butkevich avait plaidĂ© coupable et qu’il avait des remords.

Le soi-disant procĂšs s’est dĂ©roulĂ© dans la partie de la rĂ©gion de Louhansk contrĂŽlĂ©e par la Russie. Outre Butkevich, deux autres Ukrainiens ont Ă©tĂ© condamnĂ©s pour des faits similaires : Viktor Pohozei et Vladislav Shel.

Selon les Russes, l’étĂ© dernier, Ă  Sievierodonetsk, M. Butkevich a tirĂ© avec un lance-grenades antichars sur l’entrĂ©e d’un immeuble rĂ©sidentiel oĂč se trouvaient deux civils, prĂ©tendument « avec l’intention de les tuer et de causer des dommages Ă  leurs biens ».

L’Ukraine ne reconnaüt ni la LPR ni les tribunaux sur ce territoire.

« Que peut-on attendre d’un tel procĂšs ? »

« Nous venons de l’apprendre nous-mĂȘmes. Je ne peux pas parler, je pleure tout le temps », dĂ©clare Yevgeniya, la mĂšre de Maksym, Ă  propos des nouvelles de la « LPR ».

Son fils est en captivitĂ© en Russie depuis plus de six mois. Les parents n’ont vu leur fils que quelques fois sur des vidĂ©os publiĂ©es par les mĂ©dias russes et ont longtemps ignorĂ© son sort. En dĂ©cembre, un soldat de l’unitĂ© de Maksym Butkevych, qui a Ă©tĂ© Ă©changĂ©, a dĂ©clarĂ© que Maksym Ă©tait dĂ©tenu au SIZO de Luhansk.

« Il s’agit d’une fausse condamnation, d’une affaire montĂ©e de toutes piĂšces. Mais qu’y a-t-il de surprenant Ă  ce que mĂȘme Lavrov dise que nous n’avons pas attaquĂ© l’Ukraine ? Que pouvons-nous attendre de ce pays et de ce type de justice ? » - dĂ©clare Oleksandr Butkevych.

Il dit qu’il ne peut rien dire d’autre pour ne pas nuire Ă  son fils. Il ne sait pas si son fils figure sur la liste d’échange de prisonniers.

« Les gens peuvent demander un Ă©change, et la partie russe dĂ©cide de maniĂšre sĂ©lective qui doit ĂȘtre libĂ©rĂ©. Mais nous ne perdons pas espoir », dĂ©clare M. Butkevych.

Le Centre conjoint pour la recherche et la libĂ©ration des prisonniers de guerre travaille Ă  la libĂ©ration de M. Butkevych, ainsi qu’à celle d’autres prisonniers.

Les collÚgues, les amis et les parents de Maksym Butkevych sont indignés que les médias russes le présentent comme un nazi.

« S’il y a des gens qu’il est difficile d’imaginer capables de ’traitements cruels envers des civils’, c’est bien Max Butkevych », dĂ©clare Olesya Ostrovska, directrice de l’Arsenal de Mystetskyi.

« Max est la personne la plus gentille au monde. Pensait-il, lorsqu’il s’est obstinĂ© Ă  participer aux piquets de grĂšve pour la libĂ©ration de Sentsov et Kolchenko de la chambre de torture russe, qu’il serait lui-mĂȘme Ă  leur place ? », dĂ©clare Irina Navolneva, une amie de Maxim, dans un commentaire adressĂ© Ă  la BBC.

« Ils disent que tous les journalistes capturĂ©s sont dans le collimateur des Russes. Il semble qu’on fasse de lui une victime sacrificielle », ajoute le pĂšre de Maksym.

Pacifiste et défenseur des migrants

Jusqu’en 2022, Maksym Butkevych n’avait aucune expĂ©rience du combat, si ce n’est qu’il Ă©tudiait au dĂ©partement militaire en mĂȘme temps qu’il obtenait un diplĂŽme de philosophie.

AprĂšs le dĂ©but de l’invasion au printemps 2022, Maksym Butkevych est parti au front. « Il a dit qu’il devait aller dĂ©fendre le pays. Il n’y avait pas d’autres options pour lui », se souvient sa mĂšre Yevheniia Butkevych.

« En fĂ©vrier, Max est allĂ© dĂ©fendre l’Ukraine contre l’invasion russe, parce que les droits de l’homme sont impossibles face Ă  l’invasion... Max est peut-ĂȘtre l’humaniste le plus radical que j’aie jamais rencontré », se souvient son amie, la cinĂ©aste Nadiia Parfan.

En juin 2022, Max et d’autres membres des forces armĂ©es ukrainiennes ont Ă©tĂ© faits prisonniers prĂšs des villes de Zolote et Hirske, dans la rĂ©gion de Louhansk, tenues par les Russes.

Le ministÚre russe de la défense a par la suite confirmé que Butkevich était un prisonnier de guerre.

Des dizaines de sites web russes ont publiĂ© des informations sur Maksym, le qualifiant de « militant » et de « nazi », de « propagandiste » et de « russophobe ». Il est accusĂ© d’incitation Ă  la guerre civile.

La biographie de Maksym comprend un travail au service ukrainien de la BBC Ă  Londres, oĂč il a rĂ©alisĂ© des programmes sur l’art et les questions relatives aux rĂ©fugiĂ©s, un enseignement Ă  l’AcadĂ©mie de Kiev-Mohyla et un travail au Haut Commissariat des Nations unies pour les rĂ©fugiĂ©s.

Ses collĂšgues et amis le qualifient de pacifiste et de dĂ©fenseur des migrants. Il a condamnĂ© publiquement Ă  plusieurs reprises le racisme, la xĂ©nophobie, la discrimination, l’antisĂ©mitisme, les Roms, l’homophobie, le fascisme et le nazisme.

M. Butkevych a consacrĂ© prĂšs de 15 ans de sa vie Ă  la dĂ©fense des droits de l’homme. Il a Ă©tĂ© membre du conseil d’administration de la section ukrainienne d’Amnesty International et du conseil public du ministĂšre de l’intĂ©rieur. Il a Ă©tĂ© cofondateur de l’organisation de dĂ©fense des droits de l’homme Bez Borders, qui lutte contre les manifestations xĂ©nophobes et racistes en Ukraine et aide les migrants et les personnes dĂ©placĂ©es.

« Maksym s’est battu contre la discrimination et les discours de haine. Il s’est battu pour que l’Ukraine n’expulse pas les gens vers des pays oĂč ils Ă©taient en danger. Il les a aidĂ©s Ă  trouver refuge ici », explique Volodymyr Yavorskyi, avocat au Centre pour les libertĂ©s civiles et ami de Maksym.

Selon ses estimations, Maksym a aidĂ© des centaines de migrants en Ukraine dans le cadre de ses activitĂ©s de dĂ©fense des droits de l’homme.

Selon ses collĂšgues et amis, Maksym a donnĂ© des consultations, rencontrĂ© des personnes dans les aĂ©roports et les gares routiĂšres, collectĂ© de l’aide humanitaire et des fonds, et dĂ©mystifiĂ© les stĂ©rĂ©otypes xĂ©nophobes sur les migrants dans les mĂ©dias.

« Il a toujours sauvĂ© tout le monde. Il a rĂ©digĂ© des requĂȘtes auprĂšs de la Cour europĂ©enne des droits de l’homme, a collectĂ© des fonds pour l’armĂ©e. Il Ă©tait le dĂ©fenseur de ceux qui souffrent le plus - les personnes handicapĂ©es, les femmes et les enfants. Les personnes les plus vulnĂ©rables et les plus persĂ©cutĂ©es », dĂ©clare Oleksandra Delemenchuk, militante des droits de l’homme.

« Maksym critiquait les organisations de droite en Ukraine qui attaquaient les Ă©trangers. Il s’opposait ouvertement Ă  la droite et avait des conflits avec elle. Il est d’autant plus surprenant que les mĂ©dias russes le traitent de nazi. Maxim a des opinions totalement opposĂ©es », dĂ©clare Vladimir Yavorsky.

Au cours de l’étĂ©, lorsque la nouvelle de sa captivitĂ© a Ă©tĂ© connue, des personnalitĂ©s publiques, des professionnels des mĂ©dias et des hommes politiques ont organisĂ© une campagne appelant Ă  la libĂ©ration immĂ©diate de Butkevych sur les mĂ©dias sociaux, avec le hashtag #FreeMaksymButkevych.

Le ministre tchĂšque des affaires Ă©trangĂšres, Jan Lipavsky, s’est alors joint Ă  la foule Ă©clair.

En février, le festival international du film de la Berlinale a appelé à la libération de Maksym Butkevych de la captivité russe.

Traduit avec Deepl, sans relecture

« Nous ne perdons pas espoir ». Les parents du militant des droits de l’homme Butkevich Ă  propos de la « peine » dans la « LPR ».